25/08/25

« "Si l’on a une approche écomarxiste, il faut défendre le maintien des raffineries en France et encourager leur nationalisation" »

Entretien avec Paul Guillibert, co-auteur de Marx nardonik, par Léa Dang dans Socialter.

Le philosophe Paul Guillibert nous avait déjà accordé un entretien en compagnie du raffineur Adrien Cornet (Socialter n°62) pour approfondir les liens entre catastrophe écologique et exploitation du travail. Il publie cette année deux ouvrages, Découvrir le marxisme écologique (Les Éditions sociales, août 2025, avec Alexis Cukier) et Marx Narodnik (L’Échappée, septembre 2025, avec Michael Löwy) qui éclairent les fondements théoriques du marxisme écologique. L’occasion d’explorer avec lui les apports de ce courant encore peu connu en France qui renouvelle la critique du capitalisme tout en se libérant de l’héritage productiviste de Marx.

Votre nouveau livre invite à découvrir le marxisme écologique, parfois appelé « écomarxisme », un courant théorique de l’écologie politique. En quoi celui-ci diffère-t-il du marxisme classique et à quand remonte sa naissance ?

Marx et Engels eux-mêmes se sont intéressés à la question écologique, qui a fait l’objet de réflexions dès le milieu du XIXe siècle. Mais la structuration de l’écomarxisme à proprement parler a lieu vers la fin des années 1980, avec la création de la revue Capitalism Nature Socialism en 1988 par James O’Connor et Barbara Laurence. Ce courant est issu de ce qu’on a appelé la « New Left » (la nouvelle gauche, NDLR) aux États-Unis et en Angleterre et de l’émergence de nouveaux mouvements sociaux à partir des années 1960-1970.

Tout l’intérêt de l’écomarxisme est qu’il propose un prolongement de la pensée de Marx, en intégrant les apports des mouvements écologistes et féministes. Si le marxisme a permis de politiser les lieux de production, l’écologie et le féminisme viennent quant à eux problématiser « la reproduction des conditions de production » pour reprendre les termes de James O’Connor. Il s’agit de tout ce dont le capitalisme a besoin avant la production afin d’accumuler des profits (...).

Pour lire la suite : www.socialter.fr/article/paul-guillibert-ecomarxisme-ecologie-marxisme-raffinerie-petrole-france-productivisme

Paul Guillibert