pour en finir avec

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La Silicolonisation du monde
L'irrésistible expansion du libéralisme numérique

Éric Sadin

256 pages | 14 x 20,5 cm | 2016
17 euros 
| isbn 978-23730901-6-1

Berceau des technologies numériques (Google, Apple, Facebook, Uber, Netflix, etc.), la Silicon Valley incarne l’insolente réussite industrielle de notre époque. Cette terre des chercheurs d’or, devenue après-guerre le cœur du développement de l’appareil militaire et de l’informatique, est aujourd’hui le lieu d’une frénésie innovatrice qui entend redéfinir de part en part nos existences à des fins privées, tout en déclarant oeuvrer au bien de l’humanité.
Mais la Silicon Valley ne renvoie plus seulement à un territoire, c’est aussi et avant tout un esprit, en passe de coloniser le monde. Une colonisation d’un nouveau genre, portée par de nombreux missionnaires (industriels, universités, think tanks…), et par une classe politique qui encourage l’édification de valleys sur les cinq continents, sous la forme d’écosystèmes numériques et d’incubateurs de start-up.
Après avoir retracé un historique de la Silicon Valley, ce livre, à la langue précise et élégante, montre comment un capitalisme d’un nouveau type est en train de s’instituer, un technolibéralisme qui, via les objets connectés et l’intelligence artificielle, entend tirer profit du moindre de nos gestes, inaugurant l’ère d’une « industrie de la vie ».
Au-delà d’un modèle économique, c’est un modèle civilisationnel qui s’instaure, fondé sur l’organisation algorithmique de la société, entraînant le dessaisissement de notre pouvoir de décision. C’est pour cela qu’il est urgent d’opposer à ce mouvement prétendument inexorable d’autres modalités d’existence, pleinement soucieuses du respect de l’intégrité et de la dignité humaines.

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PRESSE

"Mythe de la start-up, précarisation des travailleurs, dépossession des capacités créatrices... Le philosophe Éric Sadin dénonce les ravages de la vision du monde propagée par le technolibéralisme. [...] Une charge violente et argumentée contre les Google, Apple et autres Facebook, qui prennent subrepticement les commandes de nos vies pour en tirer profit comme aucune autre entreprise auparavant."
Jean-Christophe Féraud - Libération

"À contre-courant des convictions dominantes, Éric Sadin ne se fera pas que des amis. Il se pourrait que sa critique passe pour archaïque, qu'elle suscite contresens ou malentendus. Pourtant, si son travail contribue à sauvegarder la vieille vie imparfaite, limitée, incertaine, la seule qui soit humaine, alors un jour, peut-être, des survivants lui diront-ils merci."
Roger-Pol Droit - Le Monde des livres

"Philosophe attentif des mutations numériques, Éric Sadin construit depuis plus de dix ans une œuvre importante sur les enjeux et les effets pervers de la frénésie technique innovatrice."
Jean-Marie Durand - Les Inrockuptibles

"On ne saurait tarir d’éloges devant le livre d’Eric Sadin et son opération de décryptage historique, philosophique, économique, idéologique, sociologique, rhétorique de la révolution numérique que nous vivons. Il fait partie de ces penseurs qui, dans le sillage d’Hannah Arendt, Jacques Ellul ou Michel Foucault se sont très tôt alarmés du devenir automatique du monde, y voyant une menace essentielle pour l’humanité de l’homme."
Mark Hunyadi - Le Temps

"C'est l'industrie de la vie faite par des startuppers inventifs, des gens cool, en jeans, tee-shirt et baskets, qui ne souhaitent finalement qu'une chose : un monde meilleur. Voilà pour le côté pile. Le côté face est bien plus sombre. Il s'appelle Facebook, Google, Apple, Uber... et ne cache plus son obsession pour connaître et exploiter les moindre détails de nos vies."
Olivier Hertel - Sciences et Avenir

"Bientôt tous esclaves des nouvelles technologies ? Dans ce livre référence, Éric Sadin nous met en garde contre l'intrusion des technologies numériques dans tous les secteurs de nos vies."
Christel de Taddeo - Le JDD