« Tous antifascistes »
Recension de Folies d'Espagne de Freddy Gomez par Anne Mathieu dans Le Monde Diplomatique.
À l’approche de toutes les années « en 6 » paraissent nombre d’ouvrages traitant de la guerre d’Espagne (1936-1939). La moisson est de nouveau abondante (...).
Le camp communiste est également concerné par l’essai historique de Célia Keren (4), issu de sa thèse pionnière. Elle y étudie principalement l’aide humanitaire apportée par les organisations proches du Parti communiste français (PCF) et de la Confédération générale du travail (CGT) aux enfants espagnols réfugiés en France. La concurrence de la « contre-mobilisation catholique » y est aussi analysée : l’une de ses motivations était de les rapatrier dans l’Espagne franquiste.
Autre camp, celui du mouvement libertaire, dont on découvre certaines facettes dans une anthologie de textes de Freddy Gomez parus entre 2001 et 2017, et regroupés par lui-même (5). Issus du « bulletin de critique bibliographique » À contretemps, ils offrent un panorama des publications sur la guerre d’Espagne et attestent aussi l’évolution de l’auteur. Servie par une préface au style vif et aux belles fulgurances, cette anthologie sera utile à ceux qui souhaitent parfaire leur connaissance de tous les courants qui portèrent le combat antifasciste dans le pays. La clairvoyance n’a pas été toujours la qualité la plus aiguë de leurs héritiers politiques, très actifs en France jusqu’au début des années 2010. L’auteur remet les pendules à l’heure, en soulignant qu’il faudrait « admettre que plus on avance dans la connaissance de cette histoire [anarchiste], moins les choses sont claires ».
Cette « remise à l’heure » n’empêche toutefois pas de faire perdurer l’exemple de leur lutte : « En des temps que l’histoire englobe désormais de son lourd manteau, des femmes et des hommes sont montés à l’assaut du ciel, puisant en elles et en eux-mêmes la force de résister au fascisme tout en cimentant les bases d’un autre monde, libéré de l’exploitation et de la domination. »
Disons-le : tous les combattants antifascistes de la guerre d’Espagne s’employèrent avec héroïsme à décrocher les étoiles. Alors que des zélateurs d’une dictature sanglante ont voulu célébrer son dirigeant par une messe à Paris, en novembre dernier, souvenons-nous de leurs lumières (...).
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