24/05/26

« "La proposition de loi contre l’entrisme islamiste est une étape de plus dans la mise en œuvre d’un projet national-sécuritaire" »

Tribune de Nedjib Sidi Moussa, auteur du Spectre du colonialisme, dans Le Monde.

L’examen du travail parlementaire de Bruno Retailleau, élu au Sénat depuis près de vingt-deux ans, révèle les obsessions de la droite réactionnaire, estime l’essayiste Nedjib Sidi Moussa, dans une tribune au « Monde ».

L’adoption, par le Sénat, de la proposition de loi visant à lutter contre l’« entrisme islamiste » en France constitue une victoire symbolique pour Bruno Retailleau. S’il est possible d’interpréter cette démarche à l’aune de la rivalité entre le candidat Les Républicains (LR) et le gouvernement, il convient toutefois de mettre en perspective le vote du 5 mai afin d’en saisir toute la portée. Car il s’agit bel et bien d’une étape de plus dans la mise en œuvre d’un projet national-sécuritaire.

Par-delà les problèmes contenus dans la proposition initiale, le texte du sénateur de Vendée et l’exposé des motifs donnent à lire un concentré des obsessions de la droite réactionnaire. Ainsi, l’« islamisme politique » est décrit comme une « menace idéologique durable et structurée », tandis que les « jeunes musulmans » sont accusés de placer « les prescriptions religieuses au-dessus des lois de la République ».

Pour appuyer son argumentaire alarmiste, Bruno Retailleau cite l’étude réalisée en 2025 par l’institut de sondage IFOP pour Ecran de veille, une publication qui a fait de la dénonciation des Frères musulmans son cheval de bataille. Le sénateur mentionne le rapport « Frères musulmans et islamisme politique en France », rendu public en mai 2025 – alors qu’il était ministre de l’Intérieur –, et dont les spécialistes ont souligné le caractère confus (...).

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