30/03/26

« Frans Masereel, chroniqueur de ville »

Article présentant l'exposition et le livre Frans Masereel. Un art entre révolte et rêverie par Éva Hameau dans Le Journal des Arts.

XXe Siècle - « La rue, et ses remous comme des câbles noués autour des monuments, fuit et revient en longs enlacements, et ses foules inextricables, les mains molles, les pas fiévreux, la haine aux yeux, happent des dents le temps qui les devance », extrait du poème La Ville (1895) d’Émile Verhaeren, pour lequel le graveur flamand a illustré l’ouvrage Quinze poèmes.

Dans ses xylographies et linogravures des années 1910 à 1930, c’est tout l’écosystème de la ville que Frans Masereel (1889-1972) dépeint avec un trait résolument expressionniste : usines fumantes, gratte-ciel vertigineux, ruelles labyrinthiques, bistrots enfiévrés où se pressent le Tout-Paris, de la cocotte du quartier au bourgeois en redingote. Le graveur figure ce joyeux capharnaüm en saturant ses planches d’angles, obliques et brisures nettes à la manière des artistes allemands de Die Brücke. Dans un style proche de celui d’Edmond Bille et Alexandre Mairet, le Belge néglige hachures et grisés pour faire surgir le noir profond de ses aplats. L’estampe ne représente pourtant qu’un aspect de sa production, l’artiste ayant laissé derrière lui un impressionnant corpus d’aquarelles, huiles sur toile, dessins et céramiques. Le Musée de l’image, qui consacre à Masereel sa première rétrospective française, entend valoriser la diversité de son art. À côté de chefs-d’œuvre de la gravure comme Debout les morts et Les morts parlent (1917) dans lesquelles l’artiste reprend l’iconographie de la danse macabre pour dénoncer les affres de la guerre, les visiteurs peuvent découvrir des facettes méconnues de son travail : ses scènes de la vie parisienne peintes à l’aquarelle valent vraiment le coup d’œil (...).

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Frans Masereel
Samuel Dégardin