01/11/23

« "L’École n’est pas un sanctuaire, elle est le reflet de la société" »

Entretien avec Nedjib Sidi Moussa, auteur du Remplaçant, par Ramdam Bezine dans Bondy Blog.

Dans « Le remplaçant, chronique d’un prof (précaire) de banlieue », Nedjib Sidi Moussa propose un constat alarmant – mais pas alarmiste, sur la précarité du métier d’enseignant contractuel et ses conséquences sur les élèves des quartiers populaires. Interview.

« Comment ai-je bien pu finir prof ? » La toute première phrase de l’ouvrage de Nedjib Sidi Moussa, paru aux éditions l’Échappée, pose l’ambiance. L’image du professeur par vocation prend un coup. La réponse à cette question, pourtant, paraît évidente : tout au long du livre est décrite une jeunesse tantôt brutale, tantôt naïve, mais toujours attachante. Pleine d’une humanité que bien trop souvent on lui refuse.

En démontant les préjugés – positifs et négatifs, concernant le « plus beau métier du monde », l’auteur fait le récit de sa trajectoire houleuse dans l’enseignement de l’autre côté du périph, dans une École en grande souffrance, entre abandon des politiques sociales et délitement des services publics. Un compte-rendu sombre mais pas catastrophiste, sur lequel Nedjib Sidi Moussa a accepté de revenir pour le Bondy Blog.

Vous avez tenu à rappeler à plusieurs occasions que les jeunes des quartiers populaires sont avant tout des enfants. Pourquoi cette précision ?

Dans le débat public qui a suivi la mort de Nahel Merzoug et les émeutes urbaines, la majeure partie de la classe politique donnait l’impression de parler de monstres, de barbares. Il y a entre elle et les jeunes des quartiers une distance spatiale, politique, et même sentimentale. Il y a aussi beaucoup de froideur, de cruauté dans leurs propos. Cette jeunesse a par ailleurs dans sa grande majorité une histoire en lien avec l’immigration, parfois avec la culture ou la religion musulmane, et le discours politique est là aussi globalement stigmatisant (...).

Pour lire la suite : www.bondyblog.fr/reportages/au-tableau/lecole-nest-pas-un-sanctuaire-elle-est-le-reflet-de-la-societe

Nedjib Sidi Moussa