« Des livres… et moi ! »
Recension des Éditeurs parisiens de l'avant-siècle de Gilles Picq par Chrisitan Laucou sur son blog.
Si l'ouvrage de Vinçard était plutôt mince, celui de l'ami Gilles Picq est massif et imposant. Plutôt grand de format (23 cm de haut pour 14 cm de large), il compte pas moins de 621 pages, table des matières comprise. En quoi consiste-t-il ? Tout simplement en le recensement des éditeurs dits de l'avant-siècle, la période que j'appelle, moi, l'entre deux guerres, celle de 1870 où les Français prirent une déculottée, et celle qui commença en 1914 et fut bien massacrante se terminant par une victoire des Français qui provoqua la Seconde Guerre mondiale. Faut ce qu'il faut ! On est bien obligé de temps en temps — nous les bipèdes de toutes nations — de créer de telles périodes pour écrémer les diverses populations mondiales afin de ne pas subir la surpopulation et les crises du logement. Bref, revenons à nos éditeurs parisiens. Au passage, on constate que ceux des banlieues et des provinces peuvent aller se rhabiller, à moins que l'ami Gilles n'ait prévu un second volume pour eux, ce qui serait une bonne idée. Faudra que je pense à lui demander.
Donc l'ami Gilles répertorie les éditeurs (même ceux de livres cochons, je dis ça pour allécher le futur lecteur et le forcer à acheter), il présente leurs histoires de la naissance à la mort, si mort il y a, et donne leurs catalogues respectifs (pas toujours complet mais quand un éditeur étudié a produit des milliers de livres, c'est bien normal de ne pas citer tous ses livres, faute de place). C'est un travail de Titan qu'il nous propose là. Un travail qui nécessite des manipulations sans nombre et des consultations de bases de données à rallonge. Sans compter les vérifications et les suppressions d'erreurs. Un travail de fou ; mais Gilles Picq n'est pas fou, il est patient, opiniâtre et courageux. Et généreux puis qu'il nous l'offre pour une somme modique, son opus. J'ai calculé : moins de 0,047 € la page. Ça nous change du carburant et, puisqu'on en parle, c'est un merveilleux carburant pour l'esprit, son livre. On y fait fonctionner à fond ses petites cellules grises, comme disait Poirot, et on y apprend une foultitude de choses.
Bien sûr, vous allez me dire qu'il faut s'intéresser aux éditeurs parisiens de l'avant-siècle (ce qui est mon cas), ou tout du moins avoir le désir de s'y intéresser, de s'avancer dans cette terra incognita et de défricher le terrain de ses circonvolutions cérébrales pour y loger de nouveau habitants, les éditeurs précités.
Le livre ne se présente pas comme un roman qu'il faudrait lire du début jusqu'à la fin. Ce serait idiot. C'est un livre genre Codex, sous espèce Dictionnaire ou assimilé. Un livre à picorer les longues soirées d'hiver quand le besoin impérieux du savoir universel vous prend aux tripes et ne veut plus vous lâcher. Au coin du feu de bois dans un fauteuil moelleux pour les plus chanceux, ou à côté du radiateur de chauffage central sur un tabouret branlant pour ceux qui le sont moins.
Quand j'ai récupéré le livre, j'ai failli tomber en avant tellement il était lourd. Lourd de connaissances accumulées. J'ai feuilleté rapidement et, comme de juste, je suis allé illico à un ou deux sujets sur lesquels j'avais un peu travaillé du temps où j'avais des cheveux et qu'ils étaient noirs. Le Mercure de France, par exemple. Alors je me suis dit que j'allais un peu illustrer son propos, au Gilles. Son éditeur, l'Échappée, n'avait pas les moyens financiers de lui proposer un ouvrage où toutes les illustrations seraient en couleur. Je sais combien ça coûte, moi qui suis un peu de la partie. Alors, avec mes modestes moyens, et ma modeste bibliothèque, je vais tenter d'illustrer un peu et en couleur son entrée Mercure de France. On y va…(...).
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