19/02/26

« De noir et de désespoir, Frans Masereel gravé dans le bois à Epinal »

Article présentant l'exposition et le livre Frans Masereel. Un art entre révolte et rêverie par Olympe Auney dans cult.news.

Jusqu’au 20 septembre, le musée de l’Image d’Épinal s’intéresse aux compositions de Frans Masereel. L’exposition, sous-titrée Un art entre révolte et rêverie, retrace le parcours d’un artiste oublié, figure de l’antimilitarisme du XXᵉ siècle. Nous avons adoré cette plongée dans les compositions de l’artiste où la puissance expressive du noir et blanc donne vie à ses angoisses, où le corps féminin et la ville dévoreuse d’hommes s’épousent dans des compositions résolument modernes.

Une histoire sans parole

Dans le chaos dévorant de la vie moderne, flashs, gratte-ciels et chapeaux melons s’accumulent. Une ombre surgit, menaçante, derrière une jeune femme sainte, la rose de son innocence à la main. Il la séduit, la couvre de bijoux, et lui fait miroiter les fastes d’une vie bien remplie. Tous l’adulent et la prient. Et puis il prend possession d’elle. La chandelle éclaire les tourments de leurs nuits, il lui écarte les jambes. Soudain, elle est nue, frontale, malheureuse et les côtes saillantes. Plus d’auréole. Son partenaire grille la cigarette du succès. Partout, des yeux. Tous l’épient, la convoitent, le démon se balade de vignette en vignette. Moqueur, il rit de son accablement. L’homme revêt l’uniforme de son engraissement, il la prostitue. C’est la descente aux enfers. Le motif du pont apparaît alors. Oh, comme elle y songe au doux repos, et à l’eau qui la berce. Elle s’y jette et elle y meurt. C’est comme si la ville s’effondrait. Puis son corps est repêché devant les badauds et la vie reprend son cours. Nonchalant, les mains dans les poches, l’homme flâne sur les berges de son assassinat (...).

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Frans Masereel
Samuel Dégardin