sortie

5 février

2027

13 x 20 cm | 292 p. | 20 euros
isbn 9782373092011

Bologne 77

La ville la plus libre du monde

Ugo Russo

Dans l’Italie des années de plomb, Bologne a vécu un moment d’effervescence révolutionnaire et de créativité contre-culturelle extraordinaire.

« Les camarades ont érigé pas moins de dix barricades, dont deux sont incendiées, tout le long de la rue Zamboni… » Bologne, 12 mars 1977, la station libre Radio Alice raconte en direct lafureur qui s’empare du quartier universitaire suite à la mort d’un étudiant tué par un carabinier : des coups de feu retentissent, les victuailles des restaurants dévalisés jonchent les rues, alors que l’on devine, à travers les arcades nappées de gaz lacrymogène, les silhouettes menaçantes des tanks envoyés pour mater l’émeute… Bologne, fleuron de l’« Émilie rouge », ville vitrine du PCI, craque de toutes parts, à l’image des devantures éventrées par les manifestants.
L’Italie traverse une période tourmentée. Tandis que de puissantes luttes ouvrières agitent la péninsule, d’obscures forces réactionnaires ourdissent des attentats dans le but de favoriser l’émergence d’un pouvoir autoritaire. De la bombe de la Piazza Fontana (1969) à l’assassinat d’Aldo Moro (1978), le plomb répond au plomb des années du même nom.
Pourtant, jusqu’à cet explosif mois de mars 1977, Bologne, siège de la plus vieille université du monde occidental, avait tout d’une ville modèle. Ses osterie centenaires voient désormais défiler tout un carnaval de contre-cultures : des chansonniers en herbe et des militants de l’autonomie qui refont le monde ; des féministes qui proclament que « les sorcières sont de retour » ; le collectif de la revue A/traverso, qui propose ses curieux slogans mao-dadaïstes ; ou encore les punks et les bédéastes pensionnaires du squat de la Traumfabrik… Le Mouvement de 1977 bouillonne, et rien ne semble pouvoir arrêter le vent de liberté qui l’accompagne.

à paraître le Vendredi 05 Février 2027