« Le désert de nous-mêmes ou l’IAlerte d’Éric Sadin »
Recension du Désert de nous-mêmes d'Éric Sadin par Daniel Muraz dans Le Courrier Picard.
Dans son dernier essai, le philosophe souligne les conséquences de l’irruption généralisée de l’IA générative dans nos vies et les ruptures anthropologiques qu’elle entraîne. Radical mais très argumenté.
En matière d’intelligence artificielle, le philosophe Éric Sadin a le rôle – difficile – de Cassandre. Après plusieurs ouvrages, de nombreuses tribunes et l’organisation du « Contre-sommet de l’IA », à Paris en février 2025, il publie avec Le désert de nous-mêmes une brillante synthèse d’années de réflexion sur le sujet,
Comme la princesse troyenne capable de prophéties dont la parole n’était pas entendue, sa démonstration ne réussira sans doute pas à convaincre tout le monde – notamment les adeptes du « fondamentalisme de l’IA » – mais son discours mérite notre attention, tant son approche critique, très critique, est singulière. Et argumentée.
La bascule de fin 2022
Contrairement à d’autres, Sadin ne pointe pas seulement les dérives assez communément, admises : conséquences environnementales, pillage des contenus, lumpenprolétarisation des petites mains apprenant aux machines, hyperconcentration de pouvoirs dans quelques entreprises américaines richissimes, voire « techno féodalisme ». Mais il interroge et attaque, ontologiquement, la nature, même de l’intelligence artificielle, la « redéfinition anthropologique qu’elle entraîne » et sa « portée civilisationnelle » (...).
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