24/07/26

« La fin de l’impérIAlisme »

Entretien avec Fabien Lebrun, auteur de Barbarie numérique, par Valentin Carmin dans Moins !.

Fabien Lebrun est sociologue, et mène une longue enquête sur l’impact du numérique, présentée notamment au travers de ses deux livres On achève bien les Enfants, Ecrans et barbarie numérique (Le Bord de l’eau, 2020), et plus récemment Barbarie numérique, Une autre histoire du monde connecté (L’Echappée, 2024)

De la barbarie numérique, votre ouvrage dit tout, dans une autre histoire vertigineuse du capitalisme impérialiste et extractiviste. Commerce triangulaire et barbarie numérique, même combat ?
Ce livre se veut une plongée tant dans les affres du capitalisme contemporain que dans les origines de ce système. L’une de mes motivations était de le caractériser au travers de sa structure: crime, travail forcé, hiérarchisation des êtres humains, destruction de la nature et du vivant – pratiques à des fins de marchandisation et de valorisation. Pour ce qui est du contexte historique et géographique, la naissance du capitalisme s’observe depuis la fin du Moyen Âge jusqu’à la première révolution industrielle. Celle-ci se réalise par l’interconnexion progressive entre Europe, Afrique et Amérique, via l’économie moderne naissante et ce que l’on nomme le commerce triangulaire.
Cette violence rend possible l’introduction, jusqu’à leur généralisation, de la marchandise, de la valeur et de l’argent, de la propriété et du salariat, du marché et de l’Etat. Entre 1500 et 1850, on estime à plusieurs dizaines de millions de Noirs victimes de ce commerce criminel à l’origine de la mondialisation, dont 13 millionsde déportés d’Afrique vers les Amériques et les îles de l’Atlantique. Le 25 mars dernier, l’Assemblée générale des Nations unies adoptait une résolution qualifiant la traite transatlantique des esclaves comme «le plus grave crime contre l’humanité» (...).

Pour lire la suite : www.achetezmoins.ch

Fabien Lebrun