08/02/24

« La doctoresse Madeleine Pelletier, féministe et révolutionnaire »

Long article d'Anne Steiner, contributrice de la revue Brasero, consacré à Madeleine Pelletier, mise à l'honneur dans le numéro 2 dans L'Humanité Magazine.

« Née des siècles trop tôt » en 1874 dans le Paris populaire, cette médecin, libertaire et communiste, a lutté sans relâche contre l’injustice de sexe et de classe. Figure radicale et méconnue du féminisme, première interne des asiles d’aliénés, Madeleine Pelletier a secoué son époque. Ses écrits et actes pionniers pour l’émancipation des femmes font encore écho. Une lutte très cher payée.

Née en mai 1874, trois ans après l’écrasement de la Commune de Paris, Madeleine Pelletier a grandi dans l’arrière-boutique d’un modeste magasin de primeurs de la capitale, rue des Petits-Carreaux, à deux pas des Halles. Ancien cocher de fiacre, son père est victime d’une attaque cérébrale qui le laisse paraplégique alors qu’elle n’a que 5 ans. Sa mère, épuisée par toutes les charges qu’elle assume, est dure et autoritaire. Lorsque Madeleine atteint l’âge de 15 ans, son père, seul être à l’avoir comprise et aimée, décède.

Excellente élève, elle a dû, comme tous les enfants du peuple, quitter l’école à 12 ans, mais elle fréquente assidûment la bibliothèque paroissiale, lisant avec avidité tous les ouvrages à sa disposition. Par curiosité intellectuelle et par soif de camaraderie, elle se rapproche, dès l’âge de 15 ans, des cercles anarchistes de son quartier. Avec une dizaine de femmes libertaires, elle fonde en janvier 1890 le groupe la Femme libre, où elle fait ses premières armes à l’oral comme à l’écrit.

Elle participe à la même époque à un groupe féministe qui se réunit rue de Turenne animé notamment par Marie Astié de Valsayre, fondatrice de la Ligue d’affranchissement des femmes, qui milite pour le suffrage féminin, la création de syndicats de travailleuses et l’abrogation de l’ordonnance de 1800 qui interdit aux femmes le port du pantalon. Au contact de ces militantes plus âgées, plus cultivées et mieux nées qu’elle, Madeleine prend douloureusement conscience des lacunes de son instruction et décide d’y remédier, de façon méthodique, en préparant le baccalauréat (...).

« Brasero. Revue de contre-histoire ». Depuis 2021, une fois par an, elle « éclaire l’histoire de manière oblique, privilégiant les contestations, les marges, les personnages et événements oubliés ou méconnus ». Pari réussi. Une revue superbement illustrée et mise en page (...).

Pour lire la suite : www.humanite.fr/histoire/feminisme/la-doctoresse-madeleine-pelletier-feministe-et-revolutionnaire

Anne Steiner