03/09/26

« Ivan Illich ou les confessions d’un poisson volant »

Recension de La corruption du meilleur engendre le pire d'Ivan Illich par Patrick Chastenet dans Nonfiction.

Un livre d’entretiens avec l’auteur de « La Convivialité » offre un bel aperçu de son parcours biographique et intellectuel, marqué notamment par un le catholicisme hétérodoxe.

« Nous sommes dans une situation où la désincarnation de la relation Je-Tu a conduit à une mathématisation, une algorithmisation qui est supposée faire l’objet d’une expérience. J’en suis venu à penser  », expliquait Ivan Illich (1926-2002) à la fin des années 1990, « que le premier service que je peux encore rendre est de faire admettre aux gens que nous vivons dans un tel monde. »   . Dans ce livre d’entretiens où il est souvent question d’amitié, l’auteur revient abondamment sur les principaux thèmes de son œuvre : l’Église et l’institution, l’École et l’éducation, la médecine et la Santé, le Genre vernaculaire, le travail fantôme, l’origine de la technologie et le passage des outils aux systèmes mais par-dessus tout de l’histoire du corps et de l’Incarnation dans la perspective de l’Évangile. À l’heure de l’I.A. générative, le monde algorithmique et désincarné qu’il redoutait n’est-il pas en train d’advenir ?

Constatant autour de lui le déclin des organisations et des grandes causes méritant que l’on y consacre une vie entière, Ivan Illich nous invitait à « être de plus en plus libres de se conduire an-archiquement comme des êtres humains qui n’agissent pas pour le bien de la cité mais parce qu’ils ont reçu de l’autre le don de pouvoir répondre à son appel  »   . Les affinités électives pour s’opposer à toutes les formes de tyrannie. Conjurons la catastrophe qui vient en trouvant refuge dans l’amitié (...).

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