« Grapus : vingt ans et après ? »
Recension de Grapus de Pascal Guillot par Hélène Amblard dans La Presse Nouvelle.
Le 18 février 2026 au Centre international de culture populaire (CICP), rue Voltaire dans le XIe arrondissement de Paris. Salle comble, débordant debout jusqu’au trottoir. Foule de jeunes pour la plupart ; quelques toisons blanches… C’est le lancement d’un ouvrage très attendu, tentant de retracer l’histoire d’un collectif de graphistes légendaire.
Ses fondateurs se sont rencontrés dans le bouillonnement de 1968 et de ses célèbres affiches à l’École nationale supérieure des arts décoratifs (ENSAD).
Pour baptiser leur groupe, François Miehe, Pierre Bernard, Gérard Paris-Clavel, militants communistes, détournent l’insulte suprême d’alors : « Crap Stal ! » (crapule stalinienne). Leur signature collective sera « Grapus ». Leur maîtrise du graphisme aidant, ces trois- là enseigneront à l’Ensad en même temps que Boris Taslitzky. En 1975, Jean-Paul Bachollet, autodidacte exigeant, militant au PCF depuis 1951, les rejoint après leur rencontre à Unicité, boîte de production de films et documentaires pour le Parti communiste et la CGT. Son esprit critique mêlé de sagacité en fera une pièce maîtresse : il sera administrateur du groupe. En 1976, arrive Alex Jordan. Ce graphiste et photographe autodidacte, ancien des Beaux-Arts de Düsseldorf, Meisterschüler de Joseph Beuys, a travaillé entre autres aux publications du Parti communiste allemand (DKP) et de la Friedensunion, le mouvement de la Paix ouest-allemand.
Face au Berufsverboten (interdiction de Grapus : vingt ans et après ? travail visant les communistes en RFA), il s’est exilé en France, enthousiasmé par les horizons du programme commun (...).
Pour lire la suite :