« Dans l’édition, les IA génératives font planer la menace d’une mort pure et simple de la production »
Tribune d'Éric Sadin, auteur du Désert de nous-mêmes et de Penser à temps dans Le Monde.
Dans une tribune au « Monde », le philosophe Eric Sadin réfléchit à un certain nombre de mesures concrètes pour sauver le livre et la lecture face aux nombreuses menaces qui les guettent.
La perspective d’une possible fin du livre, depuis la généralisation d’Internet au tournant des années 2000, s’apparente à un serpent de mer. Or, cette conjecture, que l’on voulait croire infondée, ou vouée à être indéfiniment repoussée, semble désormais prendre corps.
Plusieurs raisons à cela. Depuis quelques mois, la baisse des ventes atteint des niveaux inquiétants. Le continuel recul du temps de lecture est documenté, notamment chez les jeunes, tel qu’en atteste le dernier rapport du Centre national du livre. Dans les grandes villes, les loyers deviennent intenables. Au point d’avoir vu récemment le groupe Gibert et le réseau des librairies Furet du Nord et Decitre placés en redressement judiciaire. Enfin, le marché de l’occasion occupe une part croissante, sans que les chiffres générés n’entrent dans la chaîne de valeur usuelle de la filière.
Alors que les signaux alarmants se multiplient, un autre facteur, plus sournois, est en passe de donner un coup fatal à ce qui s’apparente dorénavant à un gigantesque château de cartes. A savoir, les intelligences artificielles (IA) génératives, qui font planer la menace d’une mort, pure et simple, de la production éditoriale vivante. Et ce, pour trois raisons principales (...).
Pour lire la suite : www.lemonde.fr/idees/article/2026/06/21/dans-l-edition-les-ia-generatives-font-planer-la-menace-d-une-mort-pure-et-simple-de-la-production_6705857_3232.html