« Ce Stéphanois "prédisait l’avenir" : l’incroyable imposture du Fakir Birman »
Recension de L'incroyable imposture du fakir Birman d'Olivier Cariguel par Lionel Lopes-Quintas dans Le Progrès.
Dans les années 30, le Stéphanois Charles Fossez décide de s’installer à Paris pour y développer une mode en vogue : le fakirisme. Il a la géniale idée de créer un personnage : le « Fakir Birman » dont la réussite sera à la hauteur de ce qu’engendrera sa chute. Une histoire rocambolesque racontée dans un ouvrage sorti il y a quelques mois.
Au début des années trente, la population a besoin de s’étourdir. L’entre-deux-guerres qui suit la grande dépression est sujet à toutes les vocations. Au moment où l’État français lance la loterie nationale, le peuple fantasme, spécule et parfois se pare de ridicule. Heureusement, il ne tue plus. Mais des filous s’infiltrent dans les tourments d’une société qui se cherche.
Dans son ouvrage, richement documenté L’Incroyable imposture du Fakir Birman , l’auteur-historien Olivier Cariguel retrace le parcours d’un Stéphanois qui a fait ses choux gras de la crédulité d’une part de la population. Charles Joseph Fossez de son vrai nom, un temps correspondant au Progrès de Lyon , publicitaire, sait pénétrer l’âme. C’est la mode des fakirs et autres mages, il va en faire son fonds de commerce.
L’art divinatoire remède à bien des maux
Pour s’établir sur la place de Paris, il va chercher une certaine crédibilité et invente le Fakir Birman. Les sciences occultes prennent de plus en plus de place dans les pages des journaux de l’époque et l’on peut rapidement constater une annonce : « Dans l’ennui, venez à lui. Le Fakir Birman ».
À grand renfort de réclame, ce fils de dentiste a décidé de s’attaquer au mal qui ronge le peuple par la racine. L’art divinatoire prend son essor. Après une collaboration peu convaincante avec un premier acteur, Charles Joseph Fossez embauche Sarim Maksoudian, un réfugié arménien féru de théâtre. Cette marionnette va permettre au Stéphanois de faire décoller ses affaires.
Mais dans cet hallucinant canular, pas de planches à clous encore moins de charbons ardents, le Fakir marche sur des œufs. Il se contente de jouer le divin devin, d’être le starter des six jours cyclistes au vélodrome de Paris ou de prédire la victoire d’untel sur une étape du Tour de France. Il a ses entrées partout. Charles Fossez alias Charles Berkel est le « manager » du Fakir Birman. Il use et abuse de sa « muse » (...).