27/10/26

« Arrêtez tout. Le livre que j'attends depuis 3 ans vient de sortir ! »

Recension de La Peinture en lettres de Morgane Côme par Anton Moglia dans Lettres Mobiles.

La Peinture en Lettres fait son comeback. Tu sais, ce truc peint à la main, qui crève dans l'indifférence générale entre un pressing et un Domino's Pizza. Depuis quelque temps, on voit réapparaitre des lettres peintes sur les réseaux. C'est beau, ça génère du clic, et c'est normal c'est tellement satisfaisant de voir un artisan travailler de ses mains !

Cependant jusqu'ici, pour parler de ce renouveau, on avait guère mieux que d'étranges reportages au 20h, qui s'émeuvent de voir survivre un savoir-faire d'antan. Ça valorise un peu le métier, mais ça l'ancre aussi dans un cadre patrimonial vieillissant, peut-être pour rassurer une audience réac... nostalgique !

Pour lui donner un nouveau souffle, contemporain et vivant, ce savoir-faire mérite mieux que d'être un marronnier de JT. 

Et c'est chose faite : Morgane Côme vient de publier LA brique qui manquait dans ta bibliothèque ! 

La peinture en lettres, Histoire & Renouveau, aux éditions L'échappée.

Parce que bon, on a des thèses et des colloques sur la typographie, des tas de bouquins pour apprendre la calligraphie, mais la Peinture en Lettres reste un angle mort de la réflexion et des intellectuels de la lettre. Injustice !

C'était sans compter sur Morgane. J'ai eu la chance de la rencontrer à Lurs, en 2023, alors qu'elle démarrait sa recherche. Je me posais des questions sur une réorientation professionnelle (très original), ni une ni deux, elle m'a proposé d'apprendre à manier le pinceau dans son atelier durant toute une semaine. Je peux te dire que j'étais déjà cas contact, mais elle a fini par me filer le virus.

Pendant trois ans, j'ai vu Morgane avancer sans relâche : retourner toutes les archives, collectionner les images, retrouver des peintres en lettres cachés aux quatre coins du pays. Sa mission : retracer l'histoire d'un métier qui n'avait jamais vraiment été raconté. Je l'ai même accompagnée à l'entretien de deux peintres, ainsi qu'aux archives de Roger Excoffon. En sa compagnie, j'ai eu le sentiment de vivre une vie de détective-lettreur. Pour Morgane, c'est juste le quotidien. Elle traverse la Bretagne au volant de son camion blanc, lettré en noir et jaune, et embarque tout le monde dans sa passion.

320 pages, 500 illustrations, un vraie trésor qui trône dans ma bibliothèque, juste à côté de mon exemplaire du mythique Calligraphie de Claude Mediavilla. 

J'ai même la chance d'avoir un peu contribué au projet : une page dédiée à ce que j'ai nommé la Calculettre, un système de lettrage proportionnel méconnu que je tente de ressusciter (j'en parlerai plus longuement bientôt). J'ai aussi relu et enrichi le glossaire du bouquin, ce qui veut dire que si tu trouves une coquille dedans, c'est probablement de ma faute.

Le métier a failli disparaître dans les années 80, et Morgane Côme est aujourd'hui l'un des fers de lance du renouveau de la peinture en lettres en France. Un renouveau bien réel, mais encore fragile : il y a encore beaucoup à faire pour lui redonner son envergure.
 

J'ajouterais ici que ce renouveau est beaucoup porté par des femmes. J'ai appris les rudiments grâce à Louise Comiran, Morgane Côme, et Christine Bogonsky à l’Atelier des Ocres. Et elles sont nombreuses aujourd'hui à faire ce travail qui était très masculin jusqu'ici : Virginie Lorillou alias The Cheerletter, Hélène Marian, Anna Guignard de l’Atelier An'Gui, Caroline Marcelier, Morgane Blot, ou encore Camille Weber du duo Weber & Berthou. Et la liste est encore longue !

Bref, la sortie de ce livre est tellement un évènement, que j’étais obligé d’en faire toute une lettre. Il s'accompagne d'un festival dans plusieurs villes avec ses balades, ses conférences et rencontres ( ....).

Pour lire la suite : www.lettresmobiles.fr

Morgane Côme