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La Vie exemplaire de la femme à barbe
Clémentine Delait (1865-1939)

50 illustrations

96 pages | 16 x 16 cm | 2017
9,50 euros isbn 978-23730903-2-1

C’est en 1900, à Thaon-les-Vosges, que Clémentine Delait, suite à un pari avec un client du troquet qu’elle tient d’une main de fer, se laisse pousser l’admirable barbe qu’elle rase chaque jour depuis sa puberté. Ce fut un succès, un triomphe, on vint de tous les environs pour l’admirer. Mme Delait la conservera jusqu’à son dernier souffle, la cajolant et la brossant tous les jours. Appréciée de tous pour sa gentillesse et sa douceur, courtisée mais toujours fidèle à son mari qu’elle aima toute sa vie, pêcheuse de brochets gigantesques, redoutée des lions qu’elle osa défier, forte comme un Hercule, redresseuse de torts dans le petit monde des ivrognes... Clémentine Delait fut un personnage, et quel personnage !
Voici l’histoire véritable, unique et exemplaire de la plus célèbre femme à barbe de France, écrite d’après les souvenirs et confidences recueillis auprès des plus avisés de ses compatriotes par François Caradec (1924-2008), écrivain et biographe de Lautréamont, Jarry et Allais, membre de l’Oulipo et pataphysicien, et Jean Nohain (1900-1981), touche-à-tout de talent, célèbre parolier et homme de radio et de télévision.


PRESSE

"À travers le récit de Clémentine Delait, née à Thaon-les-Vosges en 1865 et disparue à Épinal en avril 1939, c’est tout d’abord l’évocation d’un monde d’avant la guerre 39-45 qui est évoqué. Ce monde provincial, digne d’une pièce de Courteline ou d’une nouvelle de Marcel Aymé, celui où un  “monstre de foire” (le mot est affectueux) décide, à l’âge de 35 ans, de vivre sa pilosité galopante en toute liberté. Ce choix, résultat d’un pari, lui valut, de Londres à Paris, via Amsterdam, une célébrité européenne. Cet opuscule nous transporte aussi en un temps du gai savoir, de la belle  écriture simple et claire qui ne se prend pas pour de la littérature. Prince de l’humour et de l’anecdote, l’excellent Jean Nohain, filleul d’Alfred Jarry, pionnier de la radio et de la télévision, ici secondé par François Caradec, nous régale par un style qui, comme le recommandait Paul Léautaud, n’en a justement pas.
L’encyclopédie des “femmes à poils”  qui complète la petite biographie est un modèle de cette érudition joyeuse et sans prétention. Et puis enfin, ce petit livre rose, orné d’une femme en cheveux arborant fièrement, et avec un sourire serein, une solide barbiche, n’est-il pas un joli pied de nez aux stériles et passéistes querelles de genre qui animent encore notre société ?"
Jean-Luc Germain - Le Télégramme

"Un destin au poil que celui de Clémentine Delait (1865-1939) : « Elle était belle, elle était brune, elle était vigoureuse »… et barbue ! Après avoir portraituré Le Pétomane (Pauvert, 1967) et Frégoli (La Jeune Parque, 1968), les regrettés François Caradec et Jean Nohain ont consacré un petit ouvrage, aujourd’hui réédité, à cette femme hors du commun. C’est avec beaucoup d’humour qu’ils chroniquent les diverses étapes de sa vie et se glissent dans sa peau : son mariage à 20 ans, comment la barbe lui est poussée, le jour où elle fit la « une » du Petit Journal, celui où elle obtint l’autorisation administrative de s’habiller en homme… Loin d’être barbante, Clémentine Delait n’a jamais eu honte de sa caractéristique physique. Au contraire, elle prenait grand soin de sa pilosité. Appréciée et populaire, elle était aussi une femme à poigne, une « sacrée mâtine » qui tenait les hommes en respect, dans son café de Thaon-les-Vosges. Jusqu’à la mort de son époux, Clémentine Delait déclina toutes les propositions des imprésarios, dont celui du représentant du cirque Barnum. Puis elle consentit à partir en tournée en France et à l’étranger. Les facétieux François Caradec et Jean Nohain rendent un bel hommage à celle qui devint la mascotte des poilus lors de la première guerre, ainsi qu’aux autres barbues de l’Histoire."
Nourhane Mahmoudi - Le Monde des Livres