dans le feu de l’action

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La Bande noire
Propagande par le fait dans le bassin minier (1878-1885)

192 pages | 13 x 20 cm | 2017
17 euros 
| 978-23730902-3-9

Dans la nuit du 15 au 16 août 1882, des jeunes mineurs en rébellion contre la toute-puissance de l’Église, alliée au patronat des mines, font exploser la rosace et l’entrée d’une chapelle dans le bassin houiller de Saône-et-Loire. C’est le début d’une longue série d’actions qui vont secouer pendant trois ans la région de Montceau-les-Mines au rythme des dynamitages d’édifices religieux et de domiciles de petits chefs à la solde du patronat.
Animés par un esprit de révolte, ces anarchistes sont connus sous le nom de la Bande noire. Ils se réunissent dans les bois ou dans les auberges pour préparer des coups qu’ils réalisent le plus souvent à la faveur de l’obscurité. Moins résignés que leurs aînés, ils ne cesseront de dénoncer la dureté de leurs conditions de travail au fond des puits, mais aussi la misère sociale qui règne au dehors, où l’impitoyable patron de la Compagnie des mines impose un redoutable ordre moral et défend les pires injustices.
À partir de nombreux documents d’archives et témoignages d’époque, ce livre qui se lit comme un récit palpitant au plus près des protagonistes, revient sur l’histoire mouvementée de la Bande noire. Il montre comment, quelques années avant les célèbres attentats anarchistes perpétrés à Paris dans les années 1890, de jeunes révoltés firent de la propagande par le fait leur meilleure arme pour renverser la table et échapper à l’enfer de la mine.

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PRESSE

"L’ouvrage étudie un moment décisif de l’histoire du mouvement ouvrier, qui voit la légalisation des syndicats, la structuration progressive des partis ouvriers et l’autonomisation croissante des groupes anarchistes. Entre l’apparition du thème de la « propagande par le fait » dans les milieux anarchistes de la fin des années 1870 – c’est-à-dire la stratégie d’action consistant à sortir du terrain légal au profit d’actions insurrectionnelles – et la grande vague des attentats anarchistes des années 1890, les années 1880 constituent un moment de transition dans les répertoires d’actions protestataires populaires. [...] Alors que l’historiographie de l’anarchisme s’est surtout concentrée sur Paris et les grandes villes, Yves Meunier scrute les ramifications et évènements qui se déroulent dans le bassin minier, dans un monde social très singulier avec ses gueules noires et ses rapports sociaux hiérarchiques et paternalistes. [Il] apporte ici – à partir du cas de Montceau-les-Mines et sa région – sa pierre à l’édifice collectif d’une histoire populaire et plurielle, où les acteurs méprisés du passé retrouveraient enfin une place, une voix,  là où régnait un silence assourdissant."
François Jarrige - Territoires contemporains

"L’intérêt de cet essai tient en partie au regard impressionniste qu’il porte sur une micro-société – et sur la contre-société (avec ses chansons notamment) des mineurs : Montceau-les-Mines et ses alentours. Y domine l’exploitation croisée du patron de la Compagnie des mines de Blanzy, Léonce Chagot, et celle du curé Gaulthier, bientôt renforcée encore par la gendarmerie et le commissaire Charles Thévenin. Par le biais de la délation, l’éducation (?), le contrôle social, la menace du chômage, et même l’urbanisme – rues rectilignes et à angles droits – l’ordre (moral et politique) règne. [...] La Bande noire. Propagande par le fait dans le bassin minier (1878-1885) se lit à certains moments comme une chronique sociale, voire un polar. Il offre de la sorte une synthèse intelligente de cette histoire mouvementée." 
Frédéric Thomas - Dissidences